On a comme un goût amer dans la bouche en ouvrant son journal ce matin, si on n’a pas allumé sa télé hier soir…
Comme tous les mercredis soirs, la RTBF diffuse l’émission « Questions à la Une » présentée par Jean-Claude Defossé, journaliste d’investigation belge réputé pour remuer des sujets gênants toujours d’une manière fort peu objective et très démagogique selon moi, mais ça c’est une autre histoire.
Jean-Claude Defossé introduit donc son émission et puis c'est l'annonce d'un flash spécial présenté par François De Brigode : le Parlement flamand vient de voter la sécession de la Flandre du Royaume de Belgique (nda: en bref pour les non-belges : la séparation de la Belgique).Une heure et demie durant, se succèdent, autour du présentateur du Journal Télévisé et d'Alain Gerlache, directeur de la télévision, des journalistes qui interviennent en direct qui du Parlement flamand, qui du Palais royal déserté par Albert II, en fuite à l'étranger (la rumeur prétend qu'il a pris la direction de Kinshasa où l'annonce Elisabeth Burdot), qui du Parlement wallon, qui de l'Atomium où se sont réfugiés les ministres du gouvernement bruxellois (…)
Tout ça, bien sûr, n'était qu'un gigantesque bluff, un périlleux mais tellement vraisemblable exercice de politique-fiction (Le Soir, 14 décembre 2006).
Le problème, c’est qu’il a fallu attendre une demi-heure avant que n’apparaisse un insert qui précisait que ceci n'était qu’une fiction.
Le problème c’est que la RTBF est la télévision publique de notre pays et qu’elle se targue en ce sens d’avoir une mission particulière envers le citoyen.
J’entends déjà les belles réactions réfléchies et rationnelles des téléspectateurs avisés : il suffisait de zapper et de voir qu’il n’y avait rien de semblable qui passait sur les autres chaînes, d’écouter la radio, d’aller voir sur internet, etc. Bref, d’avoir un minimum d’esprit critique… C’est vrai et archi vrai qu’il faut avoir un esprit critique particulièrement aiguisé quand on s’abreuve aujourd’hui des informations diffusées par les médias. N’empêche que tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir appris à le développer.
Quels sont buts avoués et inavoués d’une telle émission ? Je ne comprends pas très bien.
Nous rappeler que l’équilibre de la Belgique est fragile ?
Attiser les tensions communautaires déjà si présentes ?
Faire de l’audience ?
Bouleverser les esprits et faire exploser des émotions ?
Le seul objectif qui pourrait à l’extrême limite paraître intéressant est celui de faire comprendre aux gens qu’il ne faut pas s’asseoir devant son petit écran et boire comme de l’eau bénite ce qu’il s’y raconte et ce qu’on y voit.
Mais ce message-là, provenant d’une télévision publique, me paraît déjà scabreux : « On vous transmet des infos, à vous de voir si elles sont vraies ou fausses et si vous êtes con et que vous n’êtes pas capable de faire la différence, tant pis pour vous… »
En octobre, notre petit ménage de deux personnes (et demi) a payé, après de grandes hésitations, 160€ de redevance radio-télévision à la Communauté française pour avoir le droit de garder un poste de télévision dans son salon pendant un an. Quelques arguments d’amis proches en faveur du petit écran (ouverture sur le monde, information à portée de main, etc) nous avaient légèrement convaincus.
Et bien, je regrette amèrement.
Laissez-moi ce soir ranger cette boîte à images dans une caisse et la foutre au garage. Je vote définitivement pour un bon livre au coin du feu ou aller me salir les mains dans mon jardin à planter la petite centaine de crocus et de jonquilles que je vais m’acheter pour qu’au printemps, il y ait des fleurs à regarder.
Mieke.
Comme tous les mercredis soirs, la RTBF diffuse l’émission « Questions à la Une » présentée par Jean-Claude Defossé, journaliste d’investigation belge réputé pour remuer des sujets gênants toujours d’une manière fort peu objective et très démagogique selon moi, mais ça c’est une autre histoire.
Jean-Claude Defossé introduit donc son émission et puis c'est l'annonce d'un flash spécial présenté par François De Brigode : le Parlement flamand vient de voter la sécession de la Flandre du Royaume de Belgique (nda: en bref pour les non-belges : la séparation de la Belgique).Une heure et demie durant, se succèdent, autour du présentateur du Journal Télévisé et d'Alain Gerlache, directeur de la télévision, des journalistes qui interviennent en direct qui du Parlement flamand, qui du Palais royal déserté par Albert II, en fuite à l'étranger (la rumeur prétend qu'il a pris la direction de Kinshasa où l'annonce Elisabeth Burdot), qui du Parlement wallon, qui de l'Atomium où se sont réfugiés les ministres du gouvernement bruxellois (…)
Tout ça, bien sûr, n'était qu'un gigantesque bluff, un périlleux mais tellement vraisemblable exercice de politique-fiction (Le Soir, 14 décembre 2006).
Le problème, c’est qu’il a fallu attendre une demi-heure avant que n’apparaisse un insert qui précisait que ceci n'était qu’une fiction.
Le problème c’est que la RTBF est la télévision publique de notre pays et qu’elle se targue en ce sens d’avoir une mission particulière envers le citoyen.
J’entends déjà les belles réactions réfléchies et rationnelles des téléspectateurs avisés : il suffisait de zapper et de voir qu’il n’y avait rien de semblable qui passait sur les autres chaînes, d’écouter la radio, d’aller voir sur internet, etc. Bref, d’avoir un minimum d’esprit critique… C’est vrai et archi vrai qu’il faut avoir un esprit critique particulièrement aiguisé quand on s’abreuve aujourd’hui des informations diffusées par les médias. N’empêche que tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir appris à le développer.
Quels sont buts avoués et inavoués d’une telle émission ? Je ne comprends pas très bien.
Nous rappeler que l’équilibre de la Belgique est fragile ?
Attiser les tensions communautaires déjà si présentes ?
Faire de l’audience ?
Bouleverser les esprits et faire exploser des émotions ?
Le seul objectif qui pourrait à l’extrême limite paraître intéressant est celui de faire comprendre aux gens qu’il ne faut pas s’asseoir devant son petit écran et boire comme de l’eau bénite ce qu’il s’y raconte et ce qu’on y voit.
Mais ce message-là, provenant d’une télévision publique, me paraît déjà scabreux : « On vous transmet des infos, à vous de voir si elles sont vraies ou fausses et si vous êtes con et que vous n’êtes pas capable de faire la différence, tant pis pour vous… »
En octobre, notre petit ménage de deux personnes (et demi) a payé, après de grandes hésitations, 160€ de redevance radio-télévision à la Communauté française pour avoir le droit de garder un poste de télévision dans son salon pendant un an. Quelques arguments d’amis proches en faveur du petit écran (ouverture sur le monde, information à portée de main, etc) nous avaient légèrement convaincus.
Et bien, je regrette amèrement.
Laissez-moi ce soir ranger cette boîte à images dans une caisse et la foutre au garage. Je vote définitivement pour un bon livre au coin du feu ou aller me salir les mains dans mon jardin à planter la petite centaine de crocus et de jonquilles que je vais m’acheter pour qu’au printemps, il y ait des fleurs à regarder.
Mieke.







