
La querelle du sexe des anges vient de l'interprétation d'un passage des Évangiles de Matthieu (22,30), Marc (12,25), Luc (20,35-36) où le Christ déclare que, à la Résurrection, on ne se marie pas mais on est dans le ciel comme les anges. A plusieurs reprises, l'Église a affirmé que ces créatures étaient immatérielles (sans corps), incorruptibles et immortelles.
Anges.
Du grec angelos, messager. Créatures spirituelles innombrables, selon l'Ancien Testament : ils forment la cour céleste de Dieu et servent de messagers entre Dieu et les hommes. La Bible personnalise 3 archanges :
Michel [chef des armées du Ciel, vainqueur de Satan dans le grand combat de la fin des temps et défenseur de l'Église, patron des chevaliers et des corps de métiers liés aux armes et aux balances ; il est psychopompe (il conduit les morts et pèse les âmes le jour du Jugement dernier) ; en Occident, son culte se développe aux Ve et VIe s. ; églises et chapelles lui sont dédiées souvent sur des hauteurs],
Gabriel (force de Dieu) et
Raphaël (Dieu guérit) ; fête commune : 29-9. Les apocryphes ont multiplié les listes des anges, leurs noms et leurs interventions.
Hiérarchie [établie par les commentateurs bibliques depuis le Pseudo-Denys (VIe s.)] en 3 ordres et 9 chœurs :
anges, archanges et principautés ; puissances, vertus et dominations ; trônes, chérubins [4 ailes, 4 faces (1 d'homme par devant, 1 de lion à droite, 1 de taureau à gauche et 1 d'aigle), des mains d'homme et des sabots de bœuf, d'après Ézéchiel 1,6-12] et séraphins (6 ailes, d'après Isaïe 6,2).
Les gnostiques ont (d'abord en Égypte) invoqué 7 archanges en les nommant dans des formules à valeur magique ou protectrice.
A partir de l'époque carolingienne, seuls sont invoqués ceux qui sont nommés dans la Bible.
En 1516, on découvrit dans l'église St-Ange de Palerme une fresque représentant les 7 archanges avec leurs noms et attributs : Michel victorius, Gabriel nuncius, Raphaël medicus, Uriel fortis socius, Jehudiel remunerator, Barachiel adjutor, Seatiel orator. Un retable de l'église Ste-Marie-des-Anges représentait 7 archanges avec ces mêmes noms, qui furent effacés sur ordre du Saint-Office.
Anges gardiens mentionnés dans l'Ancien Testament et par Jésus (Matthieu 18,10) comme chargés de protéger chaque être humain contre les dangers. Croyance formulée dès le IIe s. (par le Pasteur d'Hermas) et précisée au XIIe s. par Honorius d'Autun. FÊTE : 2-10 : attestée à Valence (Espagne) en 1411, étendue au Portugal, puis à toute l'Église latine en 1608 (fête libre) et 1670 (obligatoire).
Représentations :
d'abord éphèbes antiques vêtus de longues robes. Les seuls êtres ailés mentionnés dans la Bible sont les séraphins et les chérubins (manifestations de la gloire de Dieu), visions des prophètes Isaïe et Ézéchiel. Dans les textes apocryphes, notamment le livre d'Hénoch, les anges sont ailés. IVe s. (fin) : apparition du type ailé dans les Catacombes, IVe s. : des enfants, XIIIe s. : des bébés, XVe s. : des femmes, XVe-XVIe s. : vêtus de plumage, Renaissance : têtes d'enfants ailées.
Démons.
La Bible parle de démons ou génies, comme d'esprits impurs, malfaisants et tentateurs. Ils ont un nom collectif (les Seirim) ou personnel (Lilith, Azazel, Abaddon, Asmodée, Beelzebul ou Belzébuth) et sont souvent assimilés à des divinités païennes. En face des anges fidèles, la Bible présente les anges rebelles ayant à leur tête Satan, l'adversaire, le tentateur, appelé encore Lucifer (en latin : « porte-lumière »), le Diable (du grec diabolos, accusateur), le Serpent ou le Dragon (Léviathan, Bêhêmoth), le Prince des ténèbres ou de ce monde, qui, depuis Adam, attire l'homme vers le Mal.
Le livre de l'Apocalypse évoque la lutte des anges rebels contre les anges fidèles, et leur défaite face à l'archange Michel qui les chasse du Ciel. L'Église croit à leur influence mauvaise, et même à des cas de possession contre lesquels elle agit par exorcisme ; mais elle refuse le dualisme manichéen (2 principes égaux du Bien et du Mal) et affirme que, créés bons, les démons sont devenus mauvais par leur faute et que, s'ils peuvent tenter l'homme, ils restent soumis à la toute-puissance de Dieu.
Honorius d'Autun, probablement moine irlandais auteur de l'Elucidarium (vers 1150) déformé plus tard en Lucidaire, ajoute aux données bibliques des éléments des légendes irlandaises de la Vision de Tungdal (diables hideux et cruels résidant en Enfer). Le Lucidaire inspira la Divine Comédie de Dante et de nombreuses œuvres picturales du XIIIe s. Au XVe s., Denys le Chartreux (Denys Leeuwis ou Van Leeuven, né à Ryckel dans le Limbourg belge, 1402-71), auteur des Quatre Fins de l'Homme, commentant une vision apocryphe due à un mystique flamand ou allemand du XIVe s., répandit les concepts de la Vision de Tungdal, ajoutant la notion biblique de « tentateur » (le Diable, cherchant à avoir de nombreuses victimes à tourmenter pour l'éternité, s'efforce de les faire tomber en Enfer). Du XVe s. date l'expression de Malin, signifiant « cruel » et « rusé ».
Des théologiens ont distingué les succubes (tentatrices venant, la nuit, rejoindre les hommes) et les incubes (tentateurs rejoignant les femmes).
Miracles.
Connus dans toute religion (judaïsme, islam, christianisme...).
Un chrétien, par le fait même qu'il adhère au Christ et à son Évangile, croit au pouvoir miraculeux de Dieu, forme de sa toute-puissance et signe de sa bienveillance pour les humains, mais n'est pas tenu de croire à tel ou tel miracle en particulier. Miracles les plus cités ou représentés : Ancien Testament : le passage de la mer Rouge, la manne et l'eau jaillie du rocher, le serpent d'airain, l'enlèvement d'Élie au ciel ; Nouveau Testament : voir Miracles de Jésus, p. 618 c.
Eschatologie (doctrine sur les fins dernières, c.-à-d. la fin de l'homme individuel, de l'humanité, du monde ou du cosmos).
Le Credo affirme que le Christ ressuscité « reviendra juger les vivants et les morts » et que le croyant « attend la résurrection des morts et la vie du monde à venir ».
Ces 2 affirmations sont à la base des autres croyances en l'Au-Delà. Certaines se fondent sur l'Évangile : les corps ressuscités sont dans l'état « glorieux », comme le corps du Christ après la Résurrection ; les méchants iront aux « ténèbres extérieures » ; les bons se sont amassé un « trésor dans le Ciel ».
D'autres croyances se fondent sur des textes de l'Apocalypse : combat final contre l'Antéchrist ; il tentera de faire damner les hommes, mais sera vaincu.
Jugement final ou général ou dernier, appelé aussi Jour du Fils de l'Homme, Jour du Christ, Jour du Jugement, Jour de la Colère, Grand Jour, etc.
Idée exprimée de manière imagée déjà dans l'Ancien Testament et reprise dans l'Évangile (Matthieu 24,31) : aux 4 coins du monde les anges sonneront de la trompette pour convoquer les vivants, tandis que les morts ressusciteront. Les bons seront distingués des mauvais [le « sein d'Abraham » serait à peu près l'équivalent du Ciel ; la Géhenne (torrent de Jérusalem servant de tout-à-l'égout) celui de l'Enfer].
Paradis (du vieux persan pairé-daza, parc) :
image d'un jardin de délices, désignant d'abord dans la Bible le Paradis terrestre (ou Éden) avant le péché originel, puis dans le Nouveau Testament et la liturgie ancienne un lieu de bonheur pour les défunts, équivalent du « sein d'Abraham » (Luc 16,23) ou du Ciel [Jésus promet au Bon Larron de l'emmener au « Paradis » (Luc 23,43)], enfin dans la 2e Épître de St Paul aux Corinthiens [il a été emmené au « Troisième Ciel » (Luc 12,2)].
Jusqu'aux VIe-VIIIe s., Paradis ne signifie que Paradis terrestre (appelé le Jardin des délices), situé au pays d'Éden.
Au XVIIe s. (après les grandes découvertes), on affirmera que le Déluge aurait anéanti le Paradis terrestre.
Enfer [du latin infernum (de inferum, qui est en bas)] :
il faut distinguer les Enfers, lieu des morts évoqué dans l'Ancien Testament [et dans l'Évangile de St Matthieu (16,18) sous son nom mythologique grec : Hadès ; pour les juifs : Shéol ] où le Christ lui-même est allé (Il est descendu aux Enfers, dit le Credo), et l'Enfer, lieu de damnation ; la notion des flammes de l'Enfer est chrétienne : Matthieu parle de la géhenne du feu (5,22) ; elle synthétise les souffrances de ceux que Dieu a rejetés (« pleurs et grincements de dents »), la colère de Yahvé, ardente comme une flamme.
Purgatoire :
à partir de la notion de purification par le feu (ignis purgatorius), a été créée celle du lieu Purgatoire, considéré comme différent de l'Enfer : les morts ayant subi l'épreuve purificatrice ont l'espoir d'être admis en présence de Dieu ; les peines de ceux qui sont « rejetés » sont, au contraire, considérées comme éternelles.
On prie pour les âmes du Purgatoire (liturgie des défunts, commémoration de tous les fidèles défunts le 2 novembre, intercession à chaque messe et à l'office du soir, De profundis, confréries du Purgatoire...) ou on leur demande (en privé seulement) leur intercession.
Au Moyen Age, on a cherché à localiser l'Enfer sous terre, le Paradis dans le ciel, le Purgatoire au fond du cratère de l'Etna ou du Stromboli, ou dans une caverne d'Irlande.
Limbes (du latin : lisière, frange) :
l'inquiétude sur le sort des enfants morts sans baptême a conduit des théologiens à les placer dans les limbes (où ils bénéficient du bonheur mais non de la vision de Dieu), et a entraîné des parents vers des rites de substitution dont ils espéraient l'efficacité.
Par exemple, au XIIe s., on avait recours aux sanctuaires à répit où l'on déposait le corps de l'enfant.
On y célébrait des messes et l'on priait. Qu'un signe apparaisse (comme une rougeur au visage) et l'on criait au miracle, en s'empressant de baptiser l'enfant. A Kintzheim, à la fin du XVIIIe s., des parents enterraient leur enfant mort sans baptême sous le chéneau de l'église paroissiale, espérant que l'eau de pluie, coulant du toit de l'édifice consacré, le baptiserait. Au XIXe s., les enfants mort-nés n'étaient pas inscrits sur les registres de catholicité.
La foi catholique n'est pas compatible avec l'astrologie :
Dieu seul connaît le futur de tout homme et celui de l'humanité ; si l'avenir était prévisible, l'homme ne serait pas maître de son destin, alors que Dieu l'a créé libre.








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