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Publié le 21/01/2009
Par psychologie

Pendant des siècles, on a accusé la masturbation de tous les maux.  Pourquoi ?
 


Notre capacité d’oubli est probablement stupéfiante.  Aujourd’hui, le thème de la masturbation n’effraie plus personne.  Si les médecins l’évoquent encore de loin en loin, ce sera plutôt dans le cadre d’une présentation des pratiques alternatives en prévention des maladies sexuellement transmissibles ou pour prôner éventuellement l’entretien de la fonction sexuelle à tous les âges de la vie.  Mais il faut se souvenir que, dans le temps, cette pratique était vouée aux gémonies.  La masturbation rendait sourd, bien sûr, mais on l’associait aussi à un tas d’autres fléaux comme le diabète, la jaunisse, l’acné, des dents cariées, etc.

On craignait aussi que les jeunes masturbateurs ne sombrent dans la débilité en vertu de la théorie du célèbre docteur Samuel Tissot qui établissait une relation « de grande sympathie »  entre les testicules et le cerveau.  Il explique cela très sérieusement dans son ouvrage de référence intitulé « L’onanisme » écrit en 1760 et réédité à 25 reprises au cours du siècle suivant.

Il nous reste de nombreux vestiges de cette guerre ouverte contre la masturbation comme par exemple l’habitude de découper en haut et en bas les portes des toilettes dans les écoles de façon à ce que les surveillants puissent s’assurer de la bienséance de leur usage.  L’uniforme des collégiens était aussi conçu pour faire obstacle à l’érection.  On utilisait de la grosse toile rigide et parfois même on cousait les poches des pantalons.  La suppression des poches est d’une importance majeure, écrit le docteur Demeaux dans le Moniteur des hôpitaux.  Car les poches permettent aux enfants de se livrer à des attouchements fréquents, à toute heure du jour et dans tous les lieux.  Qu’on supprime les poches et on prévient par ce seul fait les trois quarts des manœuvres coupables.  Ce texte date de 1957.  A peine 50 ans.


CA VOUS APPRENDRA
 

Quand à ceux pris en flagrant délit, ils s’exposaient à subir mille tourments répertoriés avec une cruauté exemplaire par les chantres de la santé.  Le docteur William Kellogg conseillait ainsi d’apaiser anticipativement toute excitation par l’application de quelques gouttes de phénol le matin sur le clitoris des jeunes filles.  Quant aux garçons, il suffisait de leur attacher les mains dans le dos ou placer leurs organes génitaux dans une petite cage conçue par ses soins, ou encore, en cas de récidive, de pratiquer la circoncision.  « Sans anesthésie, précise Kellogg.  Car la brève souffrance causée aura un effet salutaire sur l’esprit, surtout si l’intervention est une forme de punition ! »


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