Quand ils ont supprimé le droit au
minimex* en 2002
je n'ai pas protesté.
Je me suis dit : "Je ne suis pas
minimexé. C'est normal que ces
gens-là doivent travailler comme
tout le monde."
Quand ils ont lancé la chasse aux
chômeurs en 2004
je n'ai pas protesté.
Je me suis dit : "Je ne suis pas
chômeur. Le gouvernement dit qu'il
faut bien choisir entre le droit au
chômage et les pensions... tant pis
pour les chômeurs".
Quand ils ont réduit à rien le droit à
la prépension (en 2005?), je n'ai
pas protesté.
Je me suis dit : "par rapport à mon
fils qui est sans emploi depuis 15
mois, et qui va perdre ses
allocations, je peux m'estimer
heureux"
Quand mon fils, qui n'avait pas de
minimex, qui n'existe plus, a été
contraint d'accepter un emploi à
temps partiel variable à 400 € par
mois.
je n'ai pas protesté.
Quand mon patron m'a dit qu'il
devait baisser mon salaire,parce
qu'à 63 ans l'on est moins productif
et que, si je n'étais pas content, il y
avait des jeunes à 400 € qui
seraient heureux d'avoir ma place,
j'ai voulu protester.
Mais il n'y avait plus personne
pour protester avec moi.
(d'après un texte de M; Niemüller)
(*) pour le remplacer par le "droit à
l'intégration sociale"








