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Activation : le carrousel de l'exclusion
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Publié le 12/07/2007 à 11:26
Par Lina

   

(Belga) La Communauté française se préparerait à mettre fin au système des emplois "Rosetta" qu'elle met à disposition des asbl. Pour le ministre de la Fonction publique, Claude Eerdekens, ce système serait illégal, indique mercredi "Vers l'Avenir".Depuis 2003, la Communauté française met en effet des emplois "Rosetta" à disposition d'asbl. Leurs contrats sont signés avec la Communauté, qui met ces personnes à disposition des asbl via des conventions. Ces emplois sont en réalité financés par la Région, par le biais d'une convention générale entre la Communauté et la Région wallonne. Pour Claude Erdekens, ce système est illégal. Il a donc déposé une note au gouvernement proposant de revenir à la situation antérieure à 2003 dans laquelle les asbl engageaient, passaient contrat et obtenaient alors de la Communauté les moyens correspondant aux salaires. Ce nouveau système devrait entrer en vigueur le 1er octobre 2007. (NLE)

Publié le 19/05/2007 à 14:41
Par Lina


le 2 mai 2007

Derrière la mise en place d’un contrôle de l’accès aux droits pour éliminer les tricheurs se cache la volonté de réduire au minimum les programmes sociaux. Au final, ce sont les populations les plus précaires qui sont visées, déjà celles pour qui l’accès aux droits est difficile. Une analyse de Philippe Warin, politologue, responsable scientifique d’Odenor (Observatoire des non-recours aux droits et services).

La lutte contre la fraude à la Sécurité sociale est d’actualité. Le sujet passe bien dans l’opinion. Le lien est facile à faire avec le casse-tête de la réduction du déficit de la Sécurité sociale. Les pouvoirs publics et les organismes sociaux l’ont promis, l’époque du laxisme est révolue, car ces détournements coûtent très cher à la collectivité. Le chantier paraît d’autant plus gigantesque qu’il concerne de nombreuses politiques d’indemnisation, de prestation et d’aide, et qu’il doit mobiliser à peu près toutes les administrations. Le contrôle-sanction s’organise donc. Il a trouvé récemment son haut lieu de commandement, avec la création par le décret du 23 octobre 2006, auprès du ministre chargé de la sécurité sociale, du Comité national de lutte contre la fraude en matière de protection sociale.

Lire l’article de Philippe Warin :



Philippe Warin, politologue, responsable scientifique d’Odenor (Observatoire des non-recours aux droits et services), directeur de recherche au CNRS, chercheur au Cerat (Centre de recherche sur le politique, l’administration, la ville et le territoire)...


Dernier ouvrage de l’auteur : L’accès aux droits sociaux Grenoble : PUG, 2007, 157 p. (Collection Politique en plus).



 http://www.inegalites.fr/spip.php?article672&id_mot=28

 L'auteur a autorisé la publication de son texte sur le site de l'Observatoire des inégalités :
Philippe Warin, politologue,
responsable scientifique d’Odenor (avec un lien vers son site)

Source : extrait de l'Observatoire des inégalités (avec un lien vers notre site).

Publié le 18/05/2007 à 22:32
Par Lina

Le chômage, la concurrence avivée et le passage de l'Union Européenne (UE) de 10 à 27 États membres ont eu un fort impact sur l'emploi et les conditions de travail dans l'UE affirme une étude du BIT et de la Commission européenne. Pour la première fois, l'étude livre des informations relatives à l'emploi et aux conditions de travail dans l'UE élargie et identifie les travailleurs les plus menacés par ce processus. Reportage de BIT en ligne depuis la Croatie.

TypeCommuniqué de presse
Date de parution4 avril 2007
RéférenceFTR/07/employmt_europe
Unité responsableCommunication et information au public
Aussi disponible enEspañol • English

RIJEKA (BIT en ligne) – Ivan, 49 ans, possède une petite boutique dans l'immeuble où il réside; il y vend des journaux, du tabac, de la papeterie, des jouets, des livres et du matériel scolaire.

Après des débuts difficiles en 1992, les affaires se sont stabilisées à partir de 1996. Ivan a embauché deux employés, mais en 2000 il a réalisé qu'il ne pouvait plus en assumer qu'un seul. Ivan est un employeur très scrupuleux: Nena, son employée, a un poste permanent, elle ne fait pas d'heures supplémentaires et ne travaille pas le week-end.

Lorsqu'elle a pris ses deux congés de maternité, Ivan s'est débrouillé seul, travaillant encore plus dur que d'habitude, ce qui était déjà beaucoup. La boutique est ouverte du lundi au samedi de 7 heures à 21 heures et le dimanche de 8 à 12 heures. Quand on lui parle de congés annuels, Ivan éclate de rire: «Pas un seul jour de repos en cinq ans!»

Une telle masse de travail paie-t-elle? A peine, en termes financiers: le bénéfice annuel net de la boutique varie de 6000 à 7500 euros – soit 500 à 622 euros par mois pour près de 90 heures de travail hebdomadaires.

Qu'en est-il de l'équilibre entre travail et vie privée? Ivan pense que cela en vaut la peine: «Les enfants ont pu grandir dans une famille où ils ont appris qu'il faut travailler dur.» D'un autre côté, Ivan est surmené, «fatigué en permanence». Il aime toujours son travail mais songe à en changer: «Je ne pourrai pas continuer ainsi très longtemps».

Le cas d'Ivan n'est peut-être pas représentatif mais il illustre les énormes difficultés que rencontrent les petites entreprises et ceux qui travaillent à leur compte en Croatie et dans d'autres pays européens. Un grand nombre d'entre eux travaillent de longues heures, manquent de sommeil et de repos, sans parler des vacances avec leur famille qu'ils doivent faire vivre.

«Si se mettre à son compte est une stratégie de survie répandue en Croatie et une source de satisfaction, pour beaucoup c'est un choix difficile, risqué, qui fragilise», déclare Daniel Vaughan-Whitehead, expert principal du BIT pour les conditions de travail et l'un des rédacteurs de l'étude.

Selon l'étude, des tendances à la «normalisation des marchés du travail» et à l'«amélioration des conditions de travail» ont émergé en Croatie au cours des années 2000.

«Ces tendances se sont appuyées sur la normalisation politique, une croissance économique solide et une crédibilité grandissante, associées aux conditions d'admission dans l'UE. Mais trop nombreux sont ceux pour qui, cette «normalisation» n'est qu'une expression: l'emploi les réelles conditions d'emploi et de travail sont restées difficiles et se sont parfois même dégradées», précise Daniel Vaughan-Whitehead.

Innovations et nouveaux risques

Examinant les cas de nombreux pays – Bulgarie, Croatie, République Tchèque, Danemark, France, Allemagne, Hongrie, Pologne, Espagne, Suède et Royaume Uni, l'étude fournit des informations actualisées sur les tendances en matière de politiques sociales et de marché du travail dans le processus d'élargissement de l'UE et sur leurs éventuelles conséquences pour les travailleurs et leurs familles.

«D'un côté, les innovations du marché du travail telles qu'une plus grande diversité des contrats et des horaires de travail facilitent l'accès et la sortie du marché du travail… De l'autre, elles engendrent de nouveaux risques, en particulier pour les femmes, les immigrés, les jeunes et les personnes âgées», affirme M. Vaughan-Whitehead.

Selon l'étude, les créations d'emploi en Europe adviennent, la plupart du temps, dans les secteurs les moins régulés, tels que le commerce de détail, les services aux personnes; ce qui nuit principalement aux jeunes travailleurs. Selon M. Vaughan-Whitehead, «les problèmes sont plus aigus pour ce groupe d'âge qui représente notre avenir».

Cette étude présente des éléments d'information sur l'évolution de tous les paramètres importants du monde du travail dans l'UE élargie à 27: contrats de travail, horaires de travail et cadences, salaires, formation, santé et sûreté, dialogue social et participation des travailleurs, et équilibre travail/vie de famille.

«Elle le fait d'un point de vue original, à travers une série d'études de cas comme celui d'Ivan et d'autres personnes qui travaillent à leur compte en Croatie. Cela contribue à mieux identifier les pratiques mises en œuvre au niveau de l'entreprise et à comprendre comment les conditions de travail et d'emploi se combinent et interagissent au niveau local», explique M. Vaughan-Whitehead.

En même temps, l'étude essaie d'identifier les travailleurs les plus menacés par ce processus, ces travailleurs vulnérables qui représentent souvent une myriade de «travailleurs pauvres» dans un pays. «Cette approche répond parfaitement au nouvel objectif de Lisbonne de l'Union européenne de créer «de nouveaux emplois de meilleure qualité» et aux contributions de l'UE pour la mise en œuvre de l'Agenda de l'OIT pour le Travail décent dans le monde», déclare François Eyraud, Directeur exécutif du Centre international de formation de l'OIT à Turin, en Italie, et co-rédacteur de l'étude.

«Peut-être aurons-nous plus d'emplois, mais ne devrions-nous pas nous assurer que cela ne se fasse pas au détriment de la qualité? Nous devons chercher à atteindre les deux objectifs à la fois et pas seulement un», ajoute-t-il.

L'étude appelle les décideurs politiques et les acteurs socio-économiques à prêter davantage d'attention à la vulnérabilité des travailleurs, aux conditions de travail et à la qualité des emplois – c'est-à-dire pas seulement aux salaires ou au temps de travail mais à d'autres sujets tels que la conciliation entre travail et vie de famille.


Note 1 - The Evolving World of Work in the Enlarged EU, Progress and Vulnerability, ed. par François Eyraud et Daniel Vaughan-Whitehead, Bureau international du Travail et Commission Européenne, ISBN 978-92-2-119547-4. Genève, 2007.
Copyright © 1996-2007 Organisation internationale du Travail.

Publié le 07/05/2007 à 10:01
Par Lina
(Belga) Les partenaires sociaux européens ont conclu ce jeudi, à l'issue d'une négociation de dix mois, un accord cadre sur le harcèlement au travail, qui vise à prévenir les brimades, la violence et le harcèlement sexuel dans le contexte professionnel. A l'instar des autres accords négociés au niveau de l'UE, l'accord doit maintenant être mis en oeuvre par les partenaires sociaux nationaux dans tous les Etats membres de l'UE. L'accord institue une procédure à suivre en cas de problème de harcèlement, qui impose une discrétion vis-à-vis des tiers et prévoit des sanctions allant jusqu'au renvoi. Selon des données de la Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail, un travailleur sur cinq déclare avoir été exposé à des brimades et/ou à du harcèlement au cours des 12 derniers mois. (AdValvas avec Belga)
Publié le 30/04/2007 à 10:19
Par Lina
Le mythe de Sisyphe

Tel un Sisyphe des temps modernes, le chômeur roule sans cesse la pierre de sa culpabilité d’office, coupable d’avoir été privé de son travail, coupable de n’avoir pas trouvé un nouveau poste dans une société qui détruit les emplois...


sisyphe.jpg

La rupture
Un jour, comme ça, sans prévenir, vous disparaissez du monde des vivants. Il y avait bien quelques infos qui laissaient penser que la situation était instable, que vous n’étiez pas vraiment en sécurité, mais bon, vous faisiez votre job, vous le faisiez bien, consciencieusement, proprement.
Et puis, le trou noir, le kidnapping social : vous recevez une lettre de licenciement.

Soyons clair ! C’est tombé sur vous un peu par hasard. Cela aurait pu tomber sur n’importe qui d’autre. C’est la petite musique du hasard qui vient de rythmer le grand jeu des chaises musicales. Et vous voilà le cul par terre.
Cela n’a rien de personnel. Vos qualités professionnelles, individuelles ne sont pas remises en cause. Votre travail a toujours donné entière satisfaction. Vos collègues vous apprécient. Vous allez même leur manquer. Mais voilà, c’est tombé sur vous, une certaine réalité économique intangible, la douloureuse nécessité de rationaliser les coûts de l’entreprise. D’ailleurs, on le sent bien, votre patron est sur le point de se faire seppuku. Vous qui avez passé l’essentiel de votre temps dans ce cocon confortable et chaleureux qu’est votre entreprise, vous voilà rattrapé par l’abrupte réalité des choses.
Votre formation, votre expérience, vos compétences, vos qualités propres, votre métier, votre réseau de clients, amis, collaborateurs, fournisseurs, votre connaissance intime du terrain... vous partez à la conquête du vaste monde ainsi doté, convaincu d’être suffisamment armé pour rebondir !

Lost in translation
En recevant votre lettre de licenciement, vous venez de passer de l’autre côté du miroir, mais vous ne le savez pas encore. La prise de conscience se fait au fur et à mesure de votre progression dans votre nouveau statut, celui de chômeur.

Au début, vous n’endossez pas cet étroit et triste uniforme. Vous n’êtes pas un chômeur, mais bien un salarié temporairement privé d’emploi. Vous n’avez d’ailleurs rien à voir avec cette masse anonyme et sans visage des chômeurs : "quand on veut, on peut", "qui cherche trouve". Vous êtes serein. Vous êtes confiant. Votre CV parle pour vous : vous êtes quelqu’un de compétent et d’employable ! Vous avez vos indemnités de licenciement sur votre compte en banque, confortable petit matelas permettant de temporiser. Vous êtes un peu en vacances...

Bien que n’étant qu’un chômeur du dimanche, un pèlerin en transit, vous avez acquis des droits, vous avez cotisé à une assurance sur le risque de chômage. Vous entreprenez donc de faire valoir vos droits légitimes. Vous vous rendez donc aux Assedic.

Dois-je raconter l’inscription sur les listes de chômage ? Dois-je évoquer la plus ou moins longue file d’attente pour accéder parfois simplement au ticket numéroté qui ouvre lui le droit d’attendre son tour sur un siège, devant les guichets ? Dois-je parler des minutes qui s’étirent, des regards qui s’échangent furtivement avec les autres pénitents ?
Le jaugeage subtil du degré de déchéance de son voisin d’infortune où l’usure des vêtements raconte la chronique d’un provisoire qui dure ? Dois-je rapporter le malaise croissant, l’envie de partir, la petite boule d’angoisse au creux de l’estomac qui va commencer son long travail de sape du moral ? Dois-je décrire le face à face final, avec un guichetier au mieux glacial, au pire revanchard, la sensation de glisser soudain vers le néant des statistiques atones ?
Votre première pelure vient de tomber. Vous êtes déjà en train de changer. Vous n’êtes déjà plus qu’un numéro, un dossier perdu dans la pile qui n’en finit pas de grimper vers le ciel, un humanicule perdu dans les rouages d’un système trop grand pour lui.

La disparition
Le temps passe. C’est devenu là votre plus grande certitude. Le temps passe, et pour vous, il ne se passe rien.

Dans un premier temps, vous avez activé vos réseaux personnels, et les fameux réseaux relationnels dont le conseiller ANPE ne cesse de se gargariser, et dont vous vous rendez compte à l’usage qu’ils sont solubles dans le chômage. Comme un anesthésique avant une mutilation, rien ne se fait jamais brutalement. Vos amis ne vous tournent pas le dos du jour au lendemain, votre téléphone ne cesse pas de sonner brutalement, votre vie continue malgré tout, en se ralentissant tout doucement, insidieusement.

Vous avez perdu environ un tiers de vos revenus et votre petite cagnotte n’a fait qu’alimenter le fameux temps de latence des indemnités chômage [1].
Forcément, vous avez réduit votre train de vie. Vous faites durer votre garde-robe d’avant. Vous sortez nettement moins. Parfois, vous avez du vous résoudre à déménager. Vous ne pouvez plus recevoir vos amis comme avant.

Doucement, votre vie sociale se restreint. Le chômage commence à occuper toute votre existence, tout votre temps, toutes vos perspectives.
Ce que vous étiez, vos talents, votre carrière, tout cela est en train de se diluer doucement au fil des mois. Vous êtes toujours la même personne mais dans le regard des autres, amis, famille, proches, voisins, le souvenir de cet autre s’étiole. Vous devenez un chômeur. Vous n’êtes bientôt plus que cela. Vous vous estompez, vous vous perdez, vous êtes en train de disparaître à la face du monde, aspiré par la grande foule grossissante des sans vie, sans grade, sans nom et sans visage.

La punition
Sisyphe a fait une connerie qui n’a pas plu aux dieux de l’Olympe. Il est donc condamné à rouler [2] un rocher au sommet d’une montagne. Au moment où le rocher arrive en haut, il redévale la pente jusqu’en bas, forçant Sisyphe à recommencer éternellement son absurde labeur.

Le chômeur est un peu un Sisyphe des temps modernes. Inlassablement, il roule le boulet de sa recherche d’emploi active le long des pentes vertigineuses de l’exclusion. A la réflexion, vous vous dites parfois que Sisyphe n’est pas si mal loti que cela. Lui au moins, ne doit pas supporter le regard désapprobateur des autres, ne se fait pas traiter de faignasse par le reste de la société, n’est pas fliqué sans cesse par les zélés agents de l’ANPE, et n’a pas sur dos les Seillières, Parisot et autres démiurges de la libéralisation heureuse qui n’ont de cesse de retailler l’obstiné cailloux de la punition pour lui ajouter toujours plus d’angles aigus.
Sisyphe, une fois sa journée finie, se couche tranquillement sous son rocher et trouve le sommeil sans se soucier d’un éventuel plan de carrière.

Jour après jour, vous devez donc vivre, penser, vous agiter comme un bon chômeur. L’exercice est d’autant plus difficile que vous êtes suspecté par défaut d’être un mauvais chômeur qui se complaît dans son exclusion et vit grassement aux crochets de la société.
Jour après jour, vous épluchez les offres d’emploi qui ne vous correspondent en rien, vous sélectionnez les moins absurdes et vous y allez de votre bafouille. Inlassablement, vous prospectez et vous attendez ce coup de fil qui ne retentit jamais pour vous convoquer à un éventuel entretien d’embauche. D’ailleurs, les entreprises ne prennent même plus la peine de vous envoyer des lettres de refus, faussement peinées, pleines de regrets administrativement corrects.

Et tandis que vos efforts ne portent aucun fruit, que le temps passe et ne revient pas, vous restez un chômeur, pire, vous voyez se profiler à l’horizon le spectre hideux du RMI, l’autoroute de l’exclusion.

Libera me !
Le pire ennemi du chômeur, c’est finalement lui-même. Condamné par défaut sans qu’aucune faute ne lui soit imputable, il doit continuer sans cesse à expier !

Pourquoi moi ? Pourquoi pas. Il n’est pas besoin de raison.
Comme un promeneur dans les rues de Bagdad, un coup on rentre chez soi, un coup on se fait enlever, comme ça ! C’est la faute à pas de chance. Demain, c’est ceux qui vous montrent du doigt qui passeront par la trappe à disparaître. C’est le règne de l’arbitraire, de l’absurde, de la violence aussi. Violence d’une société qui n’a plus de sens, plus de repère, et qui comme Chronos se nourrit à présent de ses propres enfants.

Il ne faut donc pas s’arrêter. Ne pas douter. Jamais ! Même lorsque le reste du monde vous regarde comme la dernière des merdes, vous rappeler, encore et toujours de ce que vous étiez, que vous faisiez, que vous valiez... et que vous êtes toujours, envers et contre tout !

Tenir bon ! Ne pas s’enfoncer ! Refuser cette fausse fatalité. Refuser de devenir le bouc-émissaire d’un système devenu fou qui se dévore lui-même ! Ne pas se résigner ! A aucun prix ! Refuser que l’on vous enterre vivant !

Résister ! Penser ! Crier ! Écrire ! Exister !

Ne pas attendre de secours du dehors !

S’en sortir ! Par soi-même !

Se libérer ! ... Et libérer les autres !

Agnès MAILLARD - Le Monolecte

[1] Le temps de latence est la période pendant laquelle l’ouverture de vos droits d’indemnisation est reculée. Si vous avez touché l’équivalent de 5 ou 6 mois d’allocation chômage en indemnités de départ, l’ouverture du paiement de cette allocation sera reculé d’autant ! Une bonne chose à savoir : votre petit pécule, le solde de tout compte pour des années de travail et de fidélité à votre entreprise, ce petit pécule ne doit surtout pas vous servir à financer un projet, mais seulement à entamer votre période de survie !

[2] L’usage du verbe "rouler" laisse penser que les dieux avaient donné à Sisyphe un gros caillou sphérique, comme quoi, ils n’étaient pas si vachards qu’on veut bien le dire ! Sisyphe en aurait bien plus bavé avec un cube !



À lire aussi De l'identité du privé d'emploi par François GOLLEAU

Lu sur le site "ACTU CHOMAGE"



 
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