L'objectif de ce site Web est de regrouper les opportunités d'emplois au sein des institutions, associations et organisations à but non lucratif ou à finalité sociale sur une plateforme unique et financièrement accessible pour chacune d'entre elles. Les promoteurs d'Alterjob ne cachent pas que pour la plupart des 30.000 employeurs du secteur non lucratif, placer une annonce pour une place vacante dans les medias de masse est difficilement abordable.
Stefan De Keyser, le fondateur de ce portail, explique que le secteur non marchand, doublé du secteur public, représente ensemble un bon tiers du marché de l'emploi au niveau national. De plus, un nombre toujours plus important de personnes s'intéressent à ce secteur et souhaitent s'y investir dans un job qui leur propose une finalité différente et leur permet de se sentir vraiment utiles.
Pour les demandeurs d'emploi, le site offre un moteur de recherche convivial qui permet des recherches par région, par type de contrat, par distance maximum de leur domicile, par date de publication de l'offre, par mot clé et , bien entendu, par secteur. Les secteurs d'activités proposés sont les suivants : action économique et sociale, environnement, santé et bien-être, enseignement et recherche, culture, sport et loisirs, administrations et services publics, organisations internationales, défense de droits et intérêts.
Plus d'infos : www.alterjob.be
RIJEKA (BIT en ligne) – Ivan, 49 ans, possède une petite boutique dans l'immeuble où il réside; il y vend des journaux, du tabac, de la papeterie, des jouets, des livres et du matériel scolaire.
Après des débuts difficiles en 1992, les affaires se sont stabilisées à partir de 1996. Ivan a embauché deux employés, mais en 2000 il a réalisé qu'il ne pouvait plus en assumer qu'un seul. Ivan est un employeur très scrupuleux: Nena, son employée, a un poste permanent, elle ne fait pas d'heures supplémentaires et ne travaille pas le week-end.
Lorsqu'elle a pris ses deux congés de maternité, Ivan s'est débrouillé seul, travaillant encore plus dur que d'habitude, ce qui était déjà beaucoup. La boutique est ouverte du lundi au samedi de 7 heures à 21 heures et le dimanche de 8 à 12 heures. Quand on lui parle de congés annuels, Ivan éclate de rire: «Pas un seul jour de repos en cinq ans!»
Une telle masse de travail paie-t-elle? A peine, en termes financiers: le bénéfice annuel net de la boutique varie de 6000 à 7500 euros – soit 500 à 622 euros par mois pour près de 90 heures de travail hebdomadaires.
Qu'en est-il de l'équilibre entre travail et vie privée? Ivan pense que cela en vaut la peine: «Les enfants ont pu grandir dans une famille où ils ont appris qu'il faut travailler dur.» D'un autre côté, Ivan est surmené, «fatigué en permanence». Il aime toujours son travail mais songe à en changer: «Je ne pourrai pas continuer ainsi très longtemps».
Le cas d'Ivan n'est peut-être pas représentatif mais il illustre les énormes difficultés que rencontrent les petites entreprises et ceux qui travaillent à leur compte en Croatie et dans d'autres pays européens. Un grand nombre d'entre eux travaillent de longues heures, manquent de sommeil et de repos, sans parler des vacances avec leur famille qu'ils doivent faire vivre.
«Si se mettre à son compte est une stratégie de survie répandue en Croatie et une source de satisfaction, pour beaucoup c'est un choix difficile, risqué, qui fragilise», déclare Daniel Vaughan-Whitehead, expert principal du BIT pour les conditions de travail et l'un des rédacteurs de l'étude.
Selon l'étude, des tendances à la «normalisation des marchés du travail» et à l'«amélioration des conditions de travail» ont émergé en Croatie au cours des années 2000.
«Ces tendances se sont appuyées sur la normalisation politique, une croissance économique solide et une crédibilité grandissante, associées aux conditions d'admission dans l'UE. Mais trop nombreux sont ceux pour qui, cette «normalisation» n'est qu'une expression: l'emploi les réelles conditions d'emploi et de travail sont restées difficiles et se sont parfois même dégradées», précise Daniel Vaughan-Whitehead.
Innovations et nouveaux risques
Examinant les cas de nombreux pays – Bulgarie, Croatie, République Tchèque, Danemark, France, Allemagne, Hongrie, Pologne, Espagne, Suède et Royaume Uni, l'étude fournit des informations actualisées sur les tendances en matière de politiques sociales et de marché du travail dans le processus d'élargissement de l'UE et sur leurs éventuelles conséquences pour les travailleurs et leurs familles.
«D'un côté, les innovations du marché du travail telles qu'une plus grande diversité des contrats et des horaires de travail facilitent l'accès et la sortie du marché du travail… De l'autre, elles engendrent de nouveaux risques, en particulier pour les femmes, les immigrés, les jeunes et les personnes âgées», affirme M. Vaughan-Whitehead.
Selon l'étude, les créations d'emploi en Europe adviennent, la plupart du temps, dans les secteurs les moins régulés, tels que le commerce de détail, les services aux personnes; ce qui nuit principalement aux jeunes travailleurs. Selon M. Vaughan-Whitehead, «les problèmes sont plus aigus pour ce groupe d'âge qui représente notre avenir».
Cette étude présente des éléments d'information sur l'évolution de tous les paramètres importants du monde du travail dans l'UE élargie à 27: contrats de travail, horaires de travail et cadences, salaires, formation, santé et sûreté, dialogue social et participation des travailleurs, et équilibre travail/vie de famille.
«Elle le fait d'un point de vue original, à travers une série d'études de cas comme celui d'Ivan et d'autres personnes qui travaillent à leur compte en Croatie. Cela contribue à mieux identifier les pratiques mises en œuvre au niveau de l'entreprise et à comprendre comment les conditions de travail et d'emploi se combinent et interagissent au niveau local», explique M. Vaughan-Whitehead.
En même temps, l'étude essaie d'identifier les travailleurs les plus menacés par ce processus, ces travailleurs vulnérables qui représentent souvent une myriade de «travailleurs pauvres» dans un pays. «Cette approche répond parfaitement au nouvel objectif de Lisbonne de l'Union européenne de créer «de nouveaux emplois de meilleure qualité» et aux contributions de l'UE pour la mise en œuvre de l'Agenda de l'OIT pour le Travail décent dans le monde», déclare François Eyraud, Directeur exécutif du Centre international de formation de l'OIT à Turin, en Italie, et co-rédacteur de l'étude.
«Peut-être aurons-nous plus d'emplois, mais ne devrions-nous pas nous assurer que cela ne se fasse pas au détriment de la qualité? Nous devons chercher à atteindre les deux objectifs à la fois et pas seulement un», ajoute-t-il.
L'étude appelle les décideurs politiques et les acteurs socio-économiques à prêter davantage d'attention à la vulnérabilité des travailleurs, aux conditions de travail et à la qualité des emplois – c'est-à-dire pas seulement aux salaires ou au temps de travail mais à d'autres sujets tels que la conciliation entre travail et vie de famille.
Note 1 - The Evolving World of Work in the Enlarged EU, Progress and Vulnerability, ed. par François Eyraud et Daniel Vaughan-Whitehead, Bureau international du Travail et Commission Européenne, ISBN 978-92-2-119547-4. Genève, 2007.
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