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Activation : le carrousel de l'exclusion
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Publié le 13/05/2007 à 20:33
Par Lina
Conjuguer micro-assurance et nouvelles technologies pour protéger les plus pauvresLe microcrédit peut aider les pauvres à s'extraire de la misère. La micro-assurance peut leur éviter d'y retomber. En procurant une protection contre certains risques, la micro-assurance complète les autres services sociaux et financiers. Mais son développement dépend encore beaucoup de la réduction des frais de gestion liés aux polices d'assurance. Le microcrédit peut aider les pauvres à s'extraire de la misère. La micro-assurance peut leur éviter d'y retomber. En procurant une protection contre certains risques, la micro-assurance complète les autres services sociaux et financiers. Mais son développement dépend encore beaucoup de la réduction des frais de gestion liés aux polices d'assurance. Une nouvelle publication, co-éditée par le BIT, intitulée «La protection des pauvres: guide de micro-assurance» (Note 1) affirme que les nouvelles technologies pourraient favoriser l'essor de la micro-assurance comme stratégie efficace de réduction de la pauvreté. GENÈVE (BIT en ligne) – Parce qu'ils vivent souvent dans des environnements dangereux – dans des bidonvilles aux conditions insalubres, dans des zones rurales exposées aux sécheresses ou aux inondations – les pauvres sont plus vulnérables que le reste de la population aux risques de maladie, d'accident mortel et d'invalidité, de vol et d'incendie, de pertes agricoles, de catastrophes d'origine naturelle ou humaine. Ils sont aussi les moins bien armés pour faire face quand une crise survient. Bien que les foyers démunis parviennent souvent à se débrouiller pour gérer ces risques, leurs stratégies de fortune ne leur procurent pas une protection suffisante. Avant que le foyer n'ait une chance de récupérer après une crise, il est souvent frappé par une nouvelle difficulté. La micro assurance s'appuie sur les mécanismes de réponse informels tout en prodiguant de meilleures prestations à un plus grand nombre de familles démunies. Pour réaliser tout le potentiel qu'offre la micro assurance dans la protection des pauvres, il est nécessaire de développer une culture de l'assurance dans la population à faibles revenus et d'introduire des produits qui correspondent à ses besoins essentiels. Les technologies de l'information, y compris les cartes à puce, les codes barres et Internet, peuvent grandement contribuer à étendre la diffusion et la qualité des produits, à réduire les coûts et améliorer la fiabilité des fournisseurs. Voici quelques exemples d'automatisation qui améliore l'efficacité de la micro assurance sans parler de la qualité du service au consommateur, du renforcement de la direction et de la formation du personnel. - En Ouganda et au Malawi, des courtiers en assurance ont créé des cartes à puce pour les assurés les plus pauvres: elles attestent de leur identité, indiquent leur taux de couverture et précisent s'ils ont bien acquitté leur prime;
- Aux Philippines, les assureurs ont réduit les coûts de transaction liés à la collecte d'une multitude de polices de faible montant en autorisant le paiement via les téléphones mobiles;
- En Inde, un système de codes barres est actuellement expérimenté comme outil de gestion de l'information client. Les étiquettes codes barres sont particulièrement utiles pour les clients analphabètes qui peuvent les coller sur des enveloppes pré-imprimées afin de s'identifier.
Les technologies de l'information fonctionnent bien dans le secteur de la micro-assurance en raison même de la nature de l'activité qui consiste à traiter de l'information. Avant la naissance de l'ordinateur, de grandes compagnies d'assurance ont initié le développement des machines telles que les trieuses, les interclasseuses et les calculatrices pour accroître leur productivité. Aujourd'hui, ces outils sont aussi à la disposition des plus petits assureurs. Les micro-assureurs, quelle que soit leur taille, doivent tirer profit de ces méthodes efficaces s'ils veulent être de bons courtiers de micro-assurance. Parmi les agents d'assurance, quelques inquiétudes se sont fait jour quant au coût du passage de méthodes manuelles à des méthodes automatisées. Mais une approche manuelle n'offre la marge de progression nécessaire au développement durable de l'activité parce qu'elle ne permet pas d'optimiser les procédures, ni de faire des économies d'échelle. Or un assureur incapable d'atteindre un grand nombre d'assurés se place dans une situation précaire. Les architectures des nouvelles technologies basées sur Internet et les communications sans fil peuvent être un bon facteur de croissance pour la micro-assurance. Qui plus est, utiliser des logiciels libres de droit est un moyen peu coûteux pour les micro-assureurs et les organisations de terrain de bénéficier des nouvelles technologies. L'OIT fournit même un logiciel gratuit qui permet aux systèmes de micro-assurance santé de gérer le recrutement, les adhésions, les primes et les demandes d'indemnités des assurés et de suivre chaque mois l'évolution de 13 indicateurs de performance. La technologie seule ne suffit pas à surmonter tous les obstacles auxquels sont confrontées les opérations de micro-assurance. Cependant, elle contribue à optimiser le retour sur investissement et à combler les fossés opérationnels en favorisant la communication et la coopération entre les différents acteurs concernés à travers le monde. «La technologie n'est pas le privilège des seuls assureurs; aujourd'hui les consommateurs aussi veulent en bénéficier. Même les ménages à bas revenus ont de plus en plus accès à la technologie des téléphones mobiles et d'Internet. Non seulement les NTIC permettent d'accroître la performance de la microfinance, de réduire les coûts et de diminuer le montant des primes, mais elles représentent aussi une chance de mieux atteindre les populations marginalisées et d'introduire des produits accessibles pour satisfaire leurs besoins élémentaires», conclut Craig Churchill, expert du BIT dans le secteur de la micro-assurance.
Publié le 19/12/2006 à 12:35
Par Lina
Création de la société Grameen Danone Foods Social Business
Le Groupe Grameen* et le Groupe Danone s’associent pour créer, à compter du 16 mars 2006, Grameen Danone Foods Social Business, société implantée au Bangladesh. Cette initiative unique en son genre a pour ambition d’associer l’expertise du Groupe Danone en matière d’alimentation santé et celle du Groupe Grameen, créé par le fondateur de la Banque Grameen, spécialisée dans le micro-crédit aux plus démunis et le développement économique.
Grameen Danone Foods a pour objet de proposer une alimentation saine aux populations défavorisées souffrant de carences nutritionnelles au Bangladesh, et de contribuer à réduire la pauvreté à travers la mise en place d’un business model unique de proximité.
L’un des objectifs à travers Grameen Danone Foods est de contribuer à développer une activité économique de proximité et à créer des emplois induits dans le secteur agricole, ou dans la vente et la distribution. Afin d’assurer la pérennité de l’initiative, l’idée est de proposer des solutions de micro-financement appropriées ainsi que des formations professionnelles adaptées aux membres des communautés locales qui prendront part au projet.
Fidèle aux valeurs des deux sociétés, Grameen Danone Foods s’engage à protéger l’environnement de ses communautés et à privilégier notamment pour ses différentes activités l’utilisation d’énergies renouvelables. De la même façon, des solutions innovantes seront utilisées pour la production d’emballages plus respectueux de l’environnement.
Le premier objectif de Grameen Danone Foods est le lancement d’un produit laitier à prix très accessible. Ce produit sera tout spécialement développé pour répondre aux besoins nutritionnels spécifiques des enfants bangladais et leur garantir une croissance harmonieuse en leur apportant les bénéfices du lait ainsi que des micro nutriments dont ils manquent.
Une première usine, dont l’activité débutera avant la fin de 2006, va être construite à Bogra (à 150 km au nord de Dhaka). Cette mise en place permettra la création de plusieurs centaines d’emplois dans la distribution et l’élevage de bétails dans la région.
Afin de maximiser l’impact social du projet, Grameen et Danone souhaitent réinvestir les profits de Grameen Danone Foods dans le déploiement progressif de ce modèle unique de proximité à l’ensemble du pays.
Le Professeur Muhammad Yunus, Président du Groupe Grameen a déclaré : « C’est une opportunité unique de créer une société à forte dimension sociale, c’est-à-dire une entreprise dont l’ambition n’est pas de maximiser les profits mais de servir les intérêts de la population, sans, pour autant, subir de pertes. Ce projet de petite envergure sera peut-être à l’origine d’un tout nouveau type de marché qui saura changer les fondements économiques du monde. La participation de DANONE, un groupe mondialement connu, et la présence de son PDG, Monsieur Franck Riboud, à Dhaka lors de la signature de l’accord, attestent de la pertinence et du sérieux de notre projet, un projet qui fait avancer le monde. »
Franck Riboud, Président Directeur Général du Groupe Danone, a, de son côté, déclaré : « Je suis profondément convaincu que notre futur repose sur notre capacité à explorer et inventer de nouveaux business modèles et de nouveaux types d’entreprises. Ce partenariat avec une société aussi emblématique et visionnaire que la Banque Grameen représente pour DANONE une formidable opportunité d’avancer dans cette direction et de progresser dans la réalisation de notre mission : apporter la santé par l’alimentation au plus grand nombre. »
Avec un chiffre d’affaires de 13 milliards d’euros pour l’année 2005 (environ 16 milliards $ US), le Groupe DANONE est le leader mondial des produits laitiers frais et des eaux en bouteille (en volumes) et co-leader mondial sur le marché des biscuits et produits céréaliers. La moitié des 90.000 employés du Groupe DANONE travaille en Asie Pacifique, et DANONE détient environ 100 usines dans cette région du monde.
La Banque Grameen propose des micro-crédits dans le monde entier. Elle compte 5,8 millions de clients dans le monde, dont 96% d’entre eux sont des femmes qui représentent autant de familles. Les emprunteurs sont actionnaires de la banque. Plus de 500 millions de dollars sont prêtés chaque année, sous la forme d’emprunt d’environ 120 dollars. Ces prêts servent à financer des projets qui génèrent un revenu, à accéder au logement, ou à financer l’éducation des enfants. La banque prête aux mendiants sans intérêt.
*Le Groupe Grameen rassemble les filiales suivantes de la Banque Grameen : Grameen Byabosha Bikash, Grameen Kalyan, Grameen Shakti, et Grameen Telecom.
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Publié le 13/10/2006 à 23:46
Par Lina
OSLO - Aujourd'hui à 16h31
Le Nobel de la paix attribué au "banquier des pauvres"Agrandir l'image Le prix Nobel de la paix 2006 a été décerné conjointement vendredi au pionnier du micro-crédit, le Bangladais Muhammad Yunus et à la Grameen Bank, qu'il avait fondée en 1976, pour leur travail en faveur du développement économique et social qui a permis à des millions de personnes de sortir de l'extrême pauvreté. En récompensant Yunus, économiste de 65 ans, surnommé le "banquier des pauvres", le comité Nobel a souligné qu'"une paix durable ne peut être obtenue à moins qu'une partie importante de la population trouve des moyens de sortir de la pauvreté". "Le micro-crédit est l'un de ces moyens", explique le comité, ajoutant que "le développement par le bas permet de faire avancer la démocratie et les droits de l'homme". Le lauréat s'est réjoui de son prix, "grande nouvelle" pour le Bangladesh. "Je suis tellement content, c'est vraiment une grande nouvelle pour tout un pays", a-t-il déclaré par téléphone depuis sa maison de Dacca. "Cette récompense m'encouragera encore plus à me consacrer à l'amélioration de la vie des pauvres." Il a précisé qu'il utiliserait l'argent du Nobel pour fonder une société fabriquant des produits alimentaires bon marché et à haute valeur nutritive pour les pauvres. Lui et la Grameen Bank se partageront le chèque de dix millions de couronnes suédoises (1,1 million d'euros) qui accompagne le prix. La Première ministre du Bangladesh Khaleda Zia a félicité Yunus, soulignant qu'il avait "apporté un grand honneur à son pays". A Paris, le président français Jacques Chirac a salué son "oeuvre exceptionnelle au service de la solidarité, du développement et de la paix". De son côté, le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy rendait hommage à "un pionnier dans le soutien au développement qui est l'origine d'un outil extrêmement innovant". Alors que 191 candidats étaient en lice pour ce prix Nobel, le choix de Muhammad Yunus a constitué une surprise pour de nombreux observateurs. Yunus est considéré comme celui qui a développé le micro-crédit non seulement au Bangladesh, mais aussi dans toute l'Asie, en Afrique et au Moyen-Orient. Plus de 92 millions de familles ont bénéficié du micro-crédit en 2005, contre 13,5 millions en 1997, selon un rapport de la Campagne du sommet de micro-crédit. Selon l'Onu, les femmes sont les principales bénéficiaires de ce type de prêts. Fondée par Yunus en 1976, la Grameen Bank a été le premier établissement à proposer des micro-crédits, prêtant de très petites sommes à des Bangladais trop pauvres pour obtenir un prêt auprès des banques conventionnelles. La Grameen Bank a ainsi aidé à des millions de pauvres au Bangladesh, surtout des femmes, à améliorer leur niveau de vie en leur permettant d'emprunter de petites sommes pour monter leur entreprise. Un argent par exemple utilisé pour acheter des vaches pour une laiterie, une machine à coudre pour un atelier de couture, des poulets pour une exploitation avicole, des téléphones portables pour ouvrir des boutiques où les villageois n'ayant pas le téléphone peuvent passer des appels moyennant une somme modique. "Chaque individu sur Terre a le potentiel et le droit de mener une vie décente. Yunus et la Grameen Bank ont montré que même les plus pauvres parmi les pauvres peuvent oeuvrer en faveur de leur propre développement", souligne le comité Nobel. La Grameen Bank revendique 6,6 millions d'emprunteurs, dont 97% de femmes, et offre ses services dans plus de 70.000 villages au Bangladesh. Le micro-crédit permet de prêter des sommes en général comprises entre 50 et 100 dollars (40 à 80 euros). La Grameen ("rural" en Bengali) a également élargi son offre de crédit alternatif en proposant des crédits-logement, des financements pour les systèmes d'irrigation et les pêcheries, et des comptes-épargne traditionnels. En outre, une Fondation Grameen a vu le jour en 1997 et compte aujourd'hui un réseau de 52 partenaires dans 22 pays, qui aide 11 millions de personnes en Asie, Afrique, Moyen-Orient et sur le continent américain. Selon Ole Danbolt Mjoes, président du comité du Nobel, le micro-crédit "ne peut tout résoudre, mais c'est une aide importante" pour lutter contre la pauvreté. Le prix, qui clôture la saison des Nobel 2006, sera officiellement remis le 10 décembre. AP lma/v/nc Sur Internet: http://www.nobelpeaceprize.org http://www.grameen-info.org
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