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Activation : le carrousel de l'exclusion
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Publié le 01/05/2007
Par Lina

8 CSCE n numéro 57 n janvier/février/mars 2007 Les chômeurs dégustent, les patrons savourent

Yves Martens

Coordinateur du Collectif redac@asbl-csce.be

En 2003, la déclaration gouvernementale de la coalition violette était, pour ce qui concerne les chômeurs, un copier/coller des revendications patronales, elles-mêmes dans la droite ligne des attaques sociales européennes en général et de la stratégie de Lisbonne en particulier. Nous avons analysé ce que cela a donné en termes de sanctions contre les chômeurs. Et, pour savoir à quelle sauce les sans-emploi seront mangés par le prochain gouvernement, s’il est aussi fidèle serviteur des patrons que l’actuel, nous avons assisté au grand barnum préélectoral de la FEB…

Menu patronal de 2003

En juin 2003, les organisations patronales communiquaient leur position commune sur le contrôle et la disponibilité des chômeurs demandeurs d’emploi. Et le mois suivant, l’accord gouvernemental contenait les germes du plan Vandenbroucke qui était une traduction quasi in extenso du cahier de revendications patronales : « Les employeurs constatent que (le contrôle de) la disponibilité des chômeurs laisse à désirer. La légitimité du système, tout comme les objectifs européens en matière d’augmentation sensible du taux d’emploi de la population active, nécessite que les personnes qui perçoivent des allocations soient également disponibles pour le marché du travail. Dans un système d’allocations illimitées dans le temps, il convient dès lors de prévoir un contrôle effectif de la volonté de travailler et de la disponibilité1»

Les chômeurs sur le grill

Le contrôle de la disponibilité s’est traduit par une vérification jusqu’à l’absurde de preuves formelles, administratives, de recherche d’emploi, système qui a pourtant prouvé son inefficacité en termes d’insertion dans l’emploi (cf. pp. 23-24). Il est vrai que le but n’est pas là. Le chômage, pour les patrons et nos gouvernants, n’est pas qu’un problème, c’est aussi une solution. La théorie néoclassique parle ainsi d’un taux de chômage minimum (pas nécessairement indemnisé d’ailleurs) pour limiter les exigences salariales et l’inflation (dit chômage d’équilibre ou NAIRU2) « Toutefois, pour que les chômeurs exercent une « menace crédible » sur les travailleurs, il faut qu’ils soient réellement compétitifs, c’est-à-dire disponibles, bien formés et recherchant activement du travail. (…) C’est donc l’intensité de la recherche d’emploi, plus encore que l’existence du chômage, qui constitue un réel instrument de pression à la baisse sur les salaires3C’est ainsi que le contrôle lui-même doit être crédible, faire suffisamment peur pour être efficace. Pour les moins de 30 ans, l’évaluation sera négative pour un chômeur contrôlé sur trois lors des 2 premiers entretiens et ce taux montera à plus de 50 % au 3ème entretien (synonyme d’exclusion définitive4). Au fil du temps, les critères se durcissent afin que la pression reste permanente. Ainsi les deux tiers des chômeurs qui réussissent le 1er entretien doivent à nouveau en repasser un seize mois plus tard. Et là, comme de bien entendu, ceux qui avaient reçu un bon bulletin la 1ère fois sont recalés à près de 50 % ! Notons que c’est une preuve de plus que ce système ne sert nullement à aider les demandeurs d’emploi dans leurs recherches, mais, j’oubliais, tel n’est pas non plus le but du contrôle.



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